Qu’est-ce que le dollar constant ?

United_States_one_dollar_bill,_obverse

Le dollar est une monnaie utilisée dans beaucoup de pays, mais on en parle surtout comme étant la monnaie des Etats-Unis. Le dollar vient du thaler, une monnaie internationale utilisée depuis le XVIe siècle dans les échanges commerciaux. Le « thaler » devient « daalder » puis « dollar » en étant amené par les hollandais au XVIIe siècle, puisqu’ils se tenaient à l’endroit de l’actuelle New-York, qui s’appelait alors la Nouvelle-Amsterdam.

La monnaie est donc constante, c’est-à dire que son pouvoir d’achat reste constant sur une année. Elle n’est pas soumise aux inflations ou aux déflations, qui peuvent modifier sa valeur. Elle s’oppose à la monnaie courante, qui est la monnaie d’une période ponctuelle soumise aux changements perçus par les acheteurs. Pour passer d’une monnaie courante à une monnaie constante, on utilise les indices des prix. On se base sur les revenus des ménages (les foyers) ou sur l’indice des prix à la consommation ; les deux indiquent le pouvoir d’achat, soit les dépenses moyennes des ménages.

Ainsi s’obtient une valeur du dollar constant, un dollar qui n’est pas modifié par les changements de prix généraux.

C’est cher, 70 livres au XVIIIe siècle ?

50_livres_tournois_typographiées_et_datées_du_2_Septembre_1720

Ça fait une belle bibliothèque.

Pour savoir si une monnaie est chère, il faut surtout regarder le coût de la vie. Cette somme de 70 livres n’aura pas la même valeur entre un négociant de La Rochelle et un esclave des Antilles.

Pour commencer, la livre est une monnaie de compte utilisée en France de 781 à 1795, elle sera ensuite remplacée par le franc (dont on parle ici). Il y a eu plusieurs sortes de livres, tournois ou parisis, jusqu’à la seule utilisation de la livre tournois.

En 1667, la livre équivaut à peu près à 11 euros de 2010. Un autre indice des coûts de la vie à cette époque estime que la livre du XVIIe siècle vaut entre 32 et 16,6 euros, et 10 euros au moins à partir du XVIIIe siècle.

Par exemple, entre deux années 1788 et 1789, une livre vaudrait entre 10 et 8,6 euros, ce qui montre que la monnaie fluctue, d’une part celle de l’époque, et aussi l’euro entre 2007 et 2010.

D’autres sources placent la livre de 1785 à 2,56 euros. Il est donc très compliqué d’avoir des conversions parfaitement fiables et efficaces – nous ne pouvons simplement qu’avoir une idée imprécise de la valeur de 70 livres. Entre 700 et 160 euros du XVIIe au XVIIIe siècle.

Concrètement, quel est le coût de la vie au XVIIIe ? On estime qu’un cuisinier gagne 950 livres par an, un laquais 540 livres, un jardinier 400 livres. Un ouvrier journalier, peu qualifié, gagne une livre par jour, un ouvrier qualifié le double. Un fermage complet coûtait 100 livres par an, un lit parfaitement équipé 10 livres, un agneau et une brebis 5 livres, une vache et un veau 40 livres.

Durant l’esclavage, le prix moyen d’un esclave baisse en raison de l’arrivée massive des navires négriers. On estime que l’esclave coûte entre 500 et 2000-2500 livres, le prix peut changer selon sa constitution et sa condition physique. Ainsi que la valeur de la monnaie dans les colonies, différente de celles des métropoles.

L’esclave pouvait donc acheter sa liberté à 70 livres, une petite somme pour un travailleur français, mais une somme importante pour un travailleur dans une plantation…

Quand est frappée la pièce du premier franc ?

 

Franc_à_cheval_1360_73001139

C’est en 1360, le 5 décembre, que le roi Jean II dit le Bon crée une nouvelle monnaie, le franc.

Cette décision n’est pas prise au hasard, car le roi Jean II vient d’être fait prisonnier à la bataille de Poitiers, une défaite d’importance contre les anglais. Nous sommes en pleine Guerre de Cent Ans. Edouard III, le roi anglais, demande une rançon de trois millions de livres tournois, la monnaie utilisée à l’époque – soit environ 12,5 tonnes d’or (car la monnaie se pèse). Une somme colossale que Jean II ne peut pas payer.

Il décide donc plusieurs ordonnances : d’abord il marie sa fille Isabelle contre 600,000 livres au duc de Milan. Le roi français est libéré contre 400,000 livres et s’engage à payer le reste. Il poursuit en renforçant  l’impôt sur le sel, la gabelle. Le sel sert à tout conserver à cette époque – le frigo n’existe pas. Ensuite, Jean II crée le franc. La nouvelle pièce célèbre sa libération, son affranchissement, et le denier d’or devient le franc d’or.

Ainsi le premier franc est appelé franc à cheval, un franc de 3,88 grammes. Il est frappé avec sur l’avers (le côté face) Jean II à cheval, en tenue de chevalier, au galop et à la charge. Le roi apparaît au combat. La pièce est marquée de l’expression Francorum Rex, ce qui peut aussi expliquer son appellation.

Pour la petite histoire, alors que la rançon est payée dans la douleur, Jean II revient se présenter comme prisonnier aux anglais, pour sauver l’honneur de son fils lui aussi prisonnier. Il meurt en prison en 1364.