Pourquoi Voltaire habite-t-il chez Emilie du Châtelet ?

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Emilie du Châtelet est une mathématicienne, physicienne et scientifique contemporaine de Voltaire. Douée à l’étude, elle apprend plusieurs langues, elle connaît toutes les matières scientifiques, sait monte à cheval, jouer de la musique et faire du théâtre.

Elle rencontre Voltaire en 1734 et ils deviennent amants. Voltaire, qui a des soucis avec le Roi de France Louis XV se réfugie dans le château d’Emilie du Châtelet, à Cirey. Car il vient de publier ses Lettres Philosophiques et la police royale le recherche. La censure et les représailles sont normales à cette époque, car le Roi concentre tous les pouvoirs de manière absolue. Ainsi le Château de Cirey devient un refuge pour le couple – couple qui va durer une quinzaine d’années. Voltaire quitte donc Paris et s’installe dans ce château délabré, qui est une possession du mari toujours absent de son amante. Le Château de Cirey se trouve dans le duché de Lorraine, actuellement la Haute-Marne.

La vie au Château de Cirey encourage les deux amants à produire de nouvelles œuvres et à étudier. Emilie du Châtelet mène des expériences scientifiques à son domicile, et organise aussi des concerts ou des pièces de théâtre. Elle travaille à la traduction de Newton, des principes mathématiques, et de la philosophie dite naturelle (appellation des sciences à cette époque). On dit que les conversations échangées avec Voltaire ont contribué à la rédaction de leurs ouvrages respectifs.

Les deux amants se sont séparés mais l’histoire reste présente, notamment sur la porte d’honneur du Château de Cirey. Voltaire y a fait graver ces quelques vers :

«  Asile des beaux arts,

solitude où mon cœur est toujours demeuré

dans une paix profonde,

c’est vous qui donnez le bonheur

que promettait en vain le monde ».

Et, en guise d’épitaphe, Voltaire a résumé la vie d’Emilie du Châtelet par ces mots :

      « Madame,

Quel faible hommage pour vous qu’un de ces ouvrages de poésie qui n’ont qu’un temps, qui doivent leur mérite à la faveur passagère du public et à l’illusion du théâtre pour tomber ensuite  dans la foule et dans l’obscurité.
Qu’est-ce en effet qu’un roman mis en action et en vers, devant celle qui lit les ouvrages de géométrie avec la même facilité que les autres  lisent les romans ; devant celle qui n’a trouvé dans Locke, ce sage précepteur du genre humain, que ses propres sentiments et l’histoire de ses pensées ; enfin aux yeux d’une personne qui, née pour les agréments, leur préfère la vérité ? »

Quelles sont les villes les plus peuplées dans le monde ?

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On trouve deux classements des villes les plus peuplées. Selon l’ONU et selon un géographe.

Selon l’ONU, Tokyo est la ville la plus peuplée au monde avec 38-40 millions d’habitants. Selon le géographe François Moriconi-Ebrard, la ville la plus peuplée est Shanghai, avec 95 millions d’habitants (contre 24 millions selon les comptes de l’ONU).

Comment expliquer cette différence et l’écart de population entre les deux ? Tout simplement, la définition de la ville n’est pas la même. Le géographe calcule la population selon la continuité des bâtiments (la suite d’immeubles, de rues, d’entreprises, de commerces, de loisirs, sans espaces ni champs ni forêts). On appelle ça une agglomération et prend en compte tout un espace urbain, et non pas une ville plus restreinte. L’ONU calcule la population à partir des statistiques fournies par les Etats, qui considèrent la ou les villes différemment, pas forcément comme une agglomération. On obtient donc des chiffres plus petits, et des villes rétrécies.

Le tableau du géographe  : tableau des villes les plus peuplées

Le tableau de l’ONU :

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Bien sûr la population augmente et les chiffres sont en constante évolution partout. 

Avec quoi écrivent les élèves dans les écoles carolingiennes ?

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Les élèves n’écrivent pas avec un stylo, ni avec une plume, mais un outil en roseau qui s’appelle le calame. Il est taillé en pointe et on le trempe dans l’encre pour écrire ensuite sur un support (une tablette d’argile, un parchemin, puis du papier un peu plus tard).

Le calame est utilisé depuis longtemps puisqu’on l’utilisait sur des tablettes d’écriture cunéiforme (apparue vers -3400 avant Jésus-Christ), et pour réaliser des gravures dans l’argile.

Pour être utilisé, on sèche le roseau pour qu’il durcisse. Il est ensuite taillé au couteau pour que le bout du roseau obtienne la forme nécessaire pour écrire. Il s’agit d’ajuster le bout du calame, le bec, pour choisir l’allure de son écriture. Enfin, on fend le bec sur quelques centimètres, puis on adapte le reste du roseau à la tenue de la main. Le calame perd de son efficacité après usage, on taille donc régulièrement le bec qui se trouve imbibé d’encre et au contact du papier. Il faut obtenir un calame qui est assez souple, et assez solide à la fois, afin de se plier à la main qui écrit ou dessine, pour résister aux multiples usages. Celui qui écrit doit choisir le bon calame, adapté à sa main, et aussi choisir le bec le plus adapté à son écriture.

On utilise également le bambou, ou un arbre de Malaisie plus résistant que le roseau. Les calligraphes mettent en avant la qualité du roseau et l’effet produit par les lignes d’encre grâce au calame. Uniques et saisissants.

Combien coûte la capitation des empires musulmans ?

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La capitation est appelée jizîa, elle est l’impôt annuel que paient les hommes non-musulmans (les dhimmis), en âge d’effectuer le service militaire. Les femmes, les enfants, les personnes âgées, et toutes les parties plus silencieuses (esclaves, religieux…) de la population ne le paient pas. C’est une protection garantie sur les terres d’Islam.

Le montant est fixé sur les capacités de paiement de l’imposé. Chacun paie ce qu’il peut payer. Les califes ont parfois donné  des montants précis. Par exemple 48 dirhams pour les plus riches, 24 dirhams pour les revenus moyens, 12 dirhams pour les pauvres qui travaillent, ou des vendeurs. L’important est que l’imposé ne doit pas payer plus qu’il ne possède d’argent, ni ne doit être ruiné par la capitation. On cite aussi l’exemple d’un montant d’un dinar par tête (la capitation, en latin, prend ici son sens strict !) pour une région très pauvre ; ou encore une différence entre quatre dinars et quarante dirhams selon les niveaux de richesses bien différents des populations de l’empire.

(Au VIIe siècle, il y aurait un ratio entre dinar et dirham, 7 dinars valent 10 dirhams).

La capitation est abordée dans le Coran sous le terme de tribut, et sert à financer le Trésor Public des musulmans. Ainsi, l’argent peut être partagé entre ceux qui ne peuvent pas payer, ceux qui ont connu la maladie, la ruine, mais aussi les femmes et les enfants qui touchent des pensions.

Comment se maquillent les femmes de la cour de Versailles ?

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Les dames de la cour suivent des règles précises.

Le visage doit être blanc, afin de donner l’apparence d’un joli visage, pur, immaculé.

Il est également la couleur de la noblesse, signe que la vie menée est paresseuse et riche. Les femmes se blanchissent la peau et évitent de la faire bronzer au soleil. Elles se protègent avec des ombrelles ou avec des masques qu’elles doivent tenir elles-mêmes.

Le blanc diminue les marques sur le visage, les rougeurs provoquées par des hygiènes de vie difficiles ou par la nourriture. Sous Louis XIV, le fard est utilisé à outrance. Le blanc est obtenu avec la céruse : il s’agit d’une poudre toxique destinée au visage et au buste voire aux bras, qui enlève les imperfections et gomme les rides. Cependant sa toxicité provoque des inflammations des gencives, sécheresse buccale, et des femmes ont des problèmes oculaires. On remplace donc la céruse par de la poudre d’amidon ou du talc.

Une autre couleur est très importante dans le maquillage : le rouge. Obtenu avec du rouge carmin et de la craie de Briançon, cette couleur du pouvoir et de la noblesse montre la séduction d’une femme. Il est apposé sur les joues ou les lèvres, et toutes les dames en portent. Au plus haut des pommettes, le rouge rend les yeux plus éclatants et ressort sur la blancheur de la peau. Malgré les problèmes oculaires qu’il provoque, il reste un produit de grande consommation.

Pour cacher les boutons, les grains de beauté ou pour donner un contraste coloré, les femmes utilisent des mouches. Ce sont de petits morceaux de velours noirs ou de taffetas, qui se posent sur le visage – parfois allant jusqu’à la quinzaine pour une seule femme ! Ils sont ronds mais peuvent être découpés selon les envies ou les messages à faire passer. Les mouches portent des noms comme des caractères : l’assassine (près de l’oeil), l’effrontée (sur le nez), la galante (sur la joue), ou la voleuse (sur un bouton).

On peut enfin parler de la poudre, qui sert pour les visages et les perruques ; et des parfums, aux senteurs florales.

Pour développer, voici un article de Catherine Lanoë : Céruse et cosmétiques sous l’Ancien Régime, XVIe – XVIIIe siècles.

Pourquoi on éduque surtout les garçons sous Charlemagne ?

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On éduque les garçons et les filles, mais si les garçons ont le choix entre plusieurs enseignements, les filles après l’école élémentaire vont dans un couvent des femmes.

Aussi, les élèves sont bien souvent des nobles, mais on trouve parfois des origines plus modestes dans les classes carolingiennes.

Les garçons sont un peu plus éduqués par l’école puisqu’ils vont ensuite dans un monastère, puis l’école cathédrale, puis enfin vont à l’université. On éduque donc des aristocrates ou des enfants qui se destinent aux ordres religieux, qui vont devenir moines. L’éducation est en partie religieuse, il y a de nombreuses écoles liées aux évêchés, qui sont un vivier de jeunes pour le haut clergé de l’Église. On s’occupe davantage des garçons qui auront une carrière destinée aux hommes.

Ces écoles permettent également la formation des grands administrateurs qui vont gérer le royaume, des diplomates, des missi dominici. On peut aussi trouver des clercs, dont la formation n’admet pas les femmes (cependant, des femmes peuvent étudier encore auprès de précepteurs). Celles-ci ne peuvent occuper de postes dans la gestion de l’empire, l’éducation se concentre là aussi sur des garçons plus prometteurs.

Les garçons travaillent, sous l’œil de chanoines, des magisters (des maîtres) ou des clercs. Ils se consacrent aux études religieuses et aux matières plus classiques (grammaire, rhétorique, calcul). Ils lisent, écrivent, chantent, apprennent le latin. On donne les bases aux garçons pour assurer l’héritage et la situation d’une famille, un métier et une place au sein de la société carolingienne. Cette volonté d’enseignement des garçons est aussi poussée par Charlemagne qui encourage l’éducation à se développer, afin de disposer de gens cultivés et capables de gérer l’empire.

Qu’est-ce qu’un hôtel particulier au XVIIIe siècle ?

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Un hôtel particulier n’accueille pas des locataires à la nuit, ce n’est pas un hôtel.

On utilise le mot hôtel pour parler au Moyen-Age d’une maison d’accueil, puis de la résidence du prince ou des grands seigneurs. C’est à partir du XVIIe siècle que le terme devient plus courant.

Il s’agit d’une grande bâtisse située dans la ville (plus tard, à la campagne), possédée et habitée par une seule personne, une seule famille, ainsi que par le personnel. On ne parle pas ici d’un palais, ni d’une maison, ni d’une pension de famille. On y trouve généralement de l’espace dans les appartements, une cour intérieure, un jardin, dans un retrait de la rue, au plus loin de l’activité citadine. En effet, si la façade avant donne sur la rue ou la cour, l’arrière a le jardin comme vue. Enfin, un mur peut cacher la cour intérieure du reste de la rue.

Un hôtel montre la richesse, le prestige, l’importance de son propriétaire. Au XVIIIsiècle, l’hôtel est la demeure de nobles, ou des grands bourgeois, voire des membres  importants de l’Église. Il n’y a pas de règles précises concernant la place du propriétaire dans la société, puisque certaines grandes familles ou grands personnages de l’histoire vivent dans des hôtels particuliers. Comme des personnes récemment anoblies, des commerçants, des négociants. L’hôtel particulier est un signe de richesse puisqu’il faut le construire et l’entretenir, payer le personnel. La richesse est donc un dénominateur commun entre tous les propriétaires.

Pour conclure, il faut souligner l’importance de l’intimité procurée par un hôtel particulier, puisque la cour intérieure sépare l’habitation de la rue, le jardin est impossible à voir depuis l’extérieur, les pièces sont modifiées pour donner une intimité au quotidien à ses résidents. Comme un microcosme en dehors de la ville, l’hôtel particulier convient aux rythmes de vie des grands bourgeois ou des nobles, tout en insistant sur la distinction immobilière.