Que signifie le mot « orthodoxe » pour les chrétiens ?

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L’Église orthodoxe, appelée aussi Eglise des sept conciles, ou Communion orthodoxe, est le troisième courant le plus important du christianisme, après le catholicisme et le protestantisme. Elle est fondée à partir des sept premiers conciles chrétiens et sur leurs règles. Aujourd’hui, on estime qu’il y a environ 285 millions de chrétiens orthodoxes dans le monde, soit 12 % des chrétiens. La majorité vit en Europe de l’est et en Russie.

Le mot orthodoxe vient du grec orthos, ce qui est droit, et doxa, l’opinion. Elle signifie donc « opinion juste ». Le courant est fondé sur les communautés fondées par les apôtres de Jésus dans la partie orientale de l’Empire romain. On parle de l’Église orthodoxe de Constantinople et de Géorgie, de l’apôtre André ; de l’Église d’Alexandrie et d’Afrique, des apôtres Pierre et Paul ; de l’Église de Jérusalem, de l’apôtre Jacques ; de l’Église de Chypre et de Grèce, de Paul. Les orthodoxes vivent donc dans les zones de culture grecque, autour de la Mer Méditerranée, et les Balkans actuels.

L’Église orthodoxe est dirigée par un patriarche, actuellement celui de Constantinople (ou Istanbul). Ce titre est comme celui de Pape chez les chrétiens catholiques. L’Église cherche à remonter jusqu’aux origines et les apôtres du Christ, et les orthodoxes sont portés vers la divinisation, c’est-à-dire le devenir progressif du croyant jusqu’à ressembler au Christ.

Pourquoi le « Prince Noir » ?

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Tout d’abord, il convient de présenter qui est le Prince Noir. Il s’agit du premier fils d’Edouard III le roi d’Angleterre et de Philippa de Hainaut, qui est né en 1330. Appelé Édouard de Woodstock, il est choyé par son père il reçoit l’éducation d’un jeune prince et participe à la bataille de Crécy en 1346. Il est ensuite nommé lieutenant de Gascogne, une région du sud-ouest de la France actuelle, puis est mandaté par son père pour aller à Bordeaux afin de défendre les possessions anglaises contre les français en pleine Guerre de Cent Ans. Le prince va effectuer des pillages très rentables sans jamais livrer bataille dans ce qu’on appelle  « la Grande Chevauchée ».

Une fois la réputation acquise, il se dirige vers le Poitou plus au nord et Poitiers en 1356. Durant la bataille il capture Jean II le Bon (dont on parle ici !), ce qui permet de demander une rançon conséquente aux français. Suite à un traité donnant des terres aux anglais victorieux, il est nommé Prince d’Aquitaine par son père en juillet 1362. Il se marie avec sa cousine Jeanne de Kent la même année, et leur cour à Bordeaux connaît le luxe et le faste d’une grande cour royale.

Le Prince bat encore une fois les Français menés par Bertrand du Guesclin en Espagne, à Najera en 1367. Mais les finances compliquées et le manque de soutien entraîne la perte de ses territoires acquis par le traité. Il finit par tomber malade, peut-être de dysenterie à partir de sa campagne en Espagne et rentre en Angleterre pour y mourir à 46 ans, en 1376.

On le surnomme le Prince Noir d’après plusieurs sources : un chroniqueur anglais, Richard Grafton, un siècle après sa mort en 1568, lui donne ce nom d’après la couleur de son armure. Il portait une armure noire après un épisode relaté dans une chronique de l’époque. Pendant une bataille, il tomba de cheval et fut dissimulé sous une bannière pour survivre. La nuit venue, une fois la victoire assurée, il commanda l’exécution des soldats français prisonniers et incapables de payer la rançon demandée par les vainqueurs. N’ayant pas respecté les valeurs des chevaliers, il prit une armure noire pour montrer sa honte ou sa cruauté.

 

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Difficile enfin de penser au Chevalier Noir sans actuellement penser à Batman, notamment après les films de Frank Miller titrant The Dark Knight. Si les créateurs de l’homme chauve-souris citent volontiers leurs inspirations entre les hélicoptères, des films comme Zorro ou Dracula, une pièce de théâtre intitulée The Bat,… On retrouve des éléments chez un auteur français comme Victor Hugo, auteur de L’Homme qui rit, qui peut rappeler le personnage du Joker par son sourire de façade. 

Mais encore, Victor Hugo apporte une image des chevaliers qui garantissent la paix, sont sans pitié, sombres, défenseurs des plus faibles tout en étant ténébreux. Le XIXe siècle revisite la chevalerie médiévale et, dans la Légende des Siècles de 1859, Hugo écrit ceci :

« Ils flamboyaient ainsi que des éclairs soudains,

Puis s’évanouissaient, laissant sur les visages

La crainte, et la lueur de leurs brusques passages ;

[…]

Les spectres de l’honneur, du droit, de la justice;

Ils foudroyaient le crime,

[…] ces magistrats sinistres de l’épée.

Malheur à qui faisait le mal ! Un de ces bras

Sortait de l’ombre avec ce cri : Tu périras!

[…]

Ils erraient dans la nuit ainsi que des lumières.

[…]

Ils étaient justes, bons, lugubres, ténébreux;

[…]

Le peuple en leur présence avait l’inquiétude

De la foule devant la pâle solitude

Ils passaient effrayants, muets, masqués de fer. »

Ce qui rejoint la phrase finale prononcée par l’inspecteur Gordon dans l’un des films Batman The Dark Knight : « Parce qu’il est le héros que Gotham mérite. Pas celui dont on a besoin aujourd’hui…Alors nous le pourchasserons. Parce qu’il peut l’endurer. Parce que ce n’est pas un héros. C’est un Gardien silencieux…qui veille et protège sans cesse. C’est le Chevalier Noir. » 

 

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A quoi sert l’Observatoire des Inégalités ?

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L’Observatoire des inégalités est une association fondée en 2003 par Louis Maurin, Serge Monnin et Patrick Savidan. Elle a pour rôle de rassembler des données et de les analyser pour comprendre les inégalités en France et dans le monde. L’association est indépendante, elle s’appuie sur des scientifiques qui viennent de diverses sciences humaines pour étayer ses propos. Le siège est à Tours et mais une annexe se trouve à Paris.

L’Observatoire fut créé suite au «  choc » de l’élection présidentielle de 2002, avec l’arrivée du candidat frontiste Jean-Marie Le Pen au second tour. On parle alors d’une différence entre le discours médiatique et le reste de la population, entre ce qui est dit sur les plateaux de télévision et le réel, qui ne leur correspond pas.

L’association fonctionne grâce à 25 bénévoles et 3 salariés. Elle publie des livres avec l’aide du financement participatif des citoyens ; ces livres permettent de traduire les chiffres officielles en cas concrets et en constatations amenant à des débats sur les inégalités.

Le site de l’Observatoire : https://www.inegalites.fr/

Une vidéo de 2017 sur le Monopoly des inégalités ici !

Qu’est-ce qui arrive si la loi de l’enfant unique n’est pas respectée ?

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La loi ou politique de l’enfant unique en Chine est une mesure de l’État qui vise à contrôler le nombre de naissances, de 1979 à 2015. Elle est créée pour éviter la surpopulation du pays et punit les parents qui ont plus d’un enfant. Elle s’est assouplie dans les années 1980 puis, en 2013, la loi a changé, autorisant deux enfants en vue de favoriser un retour de l’accroissement naturel de la population. 

La politique de l’enfant unique étant respectée, la population chinoise vieillit sans que son renouvellement soit assuré. C’est pourquoi en 2015 la politique de l’enfant unique est abandonné. Mais les résultats tardent à venir, car l’enfant est désormais vu comme une charge supplémentaire, pouvant gêner l’évolution des métiers des parents ou encore trop dépensier en raison par exemple des frais scolaires. 

La loi est autoritaire : elle est faite pour lutter contre une augmentation démographique et une gestion économique compliquées. Des résistances ont lieu, et en cas de deuxième enfant les couples peuvent payer une somme d’environ 510 euros. Cependant si la naissance n’est pas autorisée, l’état prévoit des pénalités, des amendes et il refuse de fournir un petit carnet, le hukou, qui permet d’utiliser gratuitement les transports ou d’aller à l’école dans sa région (ou supposée région).

Parmi les autres infractions à la loi, on peut citer le problème des avortements sélectifs ou des stérilisations, qui furent pratiqués malgré leur interdiction. Ainsi on estime que les échographies permettant de déterminer le sexe de l’enfant ont éliminé 500 à 600 000 filles chaque année. Les filles peuvent être aussi abandonnées à la naissance. Cela est dû à la tradition qui veut que l’épouse s’occupe de la famille de son mari, et non pas celle de ses propres parents. La Chine compte donc maintenant 120 hommes pour 100 femmes, ce qui entraîne un déséquilibre notamment en ce qui concerne les mariages à venir.

On peut également citer le cas des enfants cachés par les familles, qui sont privés de tout, et qui seraient environ 13 millions à n’avoir aucune existence reconnue par l’Etat chinois.

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Comment fait-on une gravure ?

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Une gravure est une technique artistique consistant à inciser, ou creuser, dans un matériau qui est ensuite encré pour permettre l’impression sur du papier (ou un autre support), aboutissant ainsi à l’oeuvre finale. « Gravure » est en fait un terme générique pouvant désigner une estampe, un tirage, une illustration…La technique de la gravure est d’abord apparue en Chine, au VIIe siècle,  avant de connaître un développement important à la Renaissance.

Il existe trois types de gravures :

– La gravure en taille d’épargne, ou gravure en relief. La planche est creusée là où l’impression de la gravure ne doit avoir aucun effet d’encrage. Le dessin est ainsi épargné, d’où le nom.

– La gravure en taille-douce, ou gravure en creux. Elle se fait sur du cuivre et, contrairement à la technique précédente, l’encre se dépose dans les creusements effectués.

– La gravure à plat, ou impression à plat. Elle n’a pas besoin de reliefs, ou très peu.

 

Pour développer avec les outils utilisés à travers les siècles : Les procédés de gravure

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Qu’est-ce qu’un éclat Levallois ?

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Un éclat Levallois est une pierre travaillée selon une méthode précise, dite Levallois. Au Paléolithique en Afrique et en Europe, on prépare la surface d’un fragment de pierre pour obtenir un ou plusieurs éclats. Le nom vient des carrières de Levallois-Perret, une commune en périphérie parisienne. La méthode fut connue et expliquée au début du XXe siècle, puis définie en 1961 par François Bordes. Selon ce dernier, le plus important est la prédétermination, c’est-à-dire la forme du futur éclat préparé sur une pierre ayant plusieurs fragments. On parle alors d’une méthode à éclat préférentiel.

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D’après l’image, on prépare la pierre pour obtenir deux faces. L’une d’elles est frappée, l’autre sert à former les éclats qui serviront d’outils. On reconnaît donc : deux surfaces distinctes ayant des rôles précis, un contrôle du détachement des éclats, une surface de frappe et une surface de fracturation. Enfin, on utilise la percussion directe pour obtenir les éclats.

Cette méthode pour obtenir des outils apparaît un peu partout dans le monde au Paléolithique, et on suppose une invention indépendante parmi les Homo Sapiens et Néandertaliens qui peuplent la Terre à cette période.

Pour développer : Ici !

Pourquoi on dit « bouc-émissaire » ?

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Un bouc-émissaire désigne un individu, un groupe, une population, etc, qui est pris pour cible pour endosser une responsabilité ou une faute des autres, bien qu’il soit innocent. Le bouc-émissaire peut venir d’une différence, d’un mépris, d’une colère ou d’un avantage qu’il peut avoir.

Une première origine du mot bouc-émissaire se trouve sur « le bouc à Azazel », qui porte les péchés, c’est-à-dire les mauvaises actions d’Israël. Dans la Bible, Dieu demande à Moïse de prendre un bouc pour porter les péchés des hommes, et Moïse envoie ensuite l’animal pour amener les péchés à Azazel, qui est un désert hostile et dangereux. Par la suite, la religion chrétienne parle de sacrifice. Ce sacrifice est aussi célébré chez les juifs par le Yom Kippour, le jour du Grand Pardon.

L’origine du bouc-émissaire peut aussi venir de la Grèce antique, où un rite de purification comprend une victime qui purge ou qui expie certaines fautes. Par extension cela désigne un criminel. Pour chasser une calamité ou une menace pesant sur la cité,  un individu ou un animal pouvait être désigné, le rite allant parfois jusqu’à la mise à mort.

Le mot latin est « caper emissarius » c’est-à-dire « le bouc envoyé dehors ». On retrouve l’idée de l’animal chassé en dehors de la cité, qui expie les fautes des autres.

Jean de la Fontaine en a fait une fable, dans les Animaux malades de la Peste. Elle parle de « ce pelé, de ce galeux d’où venait tout le mal » accusé sur un prétexte pour expier une faute.

«Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.

Sa peccadille fut jugée un cas pendable.

Manger l’herbe d’autrui! quel crime abominable!

Rien que la mort n’était capable

D’expier son forfait: on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.»

Pour développer, René Girard analyse le symbole du bouc-émissaire comme un apaisement symbolique des pulsions agressives de l’Homme. Dans La violence et le sacré, paru en 1972, l’auteur analyse les rites sacrificiels comme des rites codés, organisés, conscients, qui amènent l’ordre dans une communauté. L’unanimité est ramenée contre une seule personne, et la violence ponctuelle permet la solidarité d’un collectif. Cette personne étant marginale (prisonnier de guerre, esclave, enfant informe, roi ou mendiant), le sacrifice du bouc-émissaire est un cas purement humain et social – et s’éloigne donc du religieux.

A lire sur :
https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2015/02/le-bouc-emissaire.pdf

Le Bouc émissaire de l’Europe : le Juif et l’antisémitisme, caricature d’Abel Pann (1915)

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